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Quelle ostéopathie ? Pourquoi ? Avec Bernard Raverdy Ostéopathe à Roubaix et à Vieux-Condé


Dans sa biographie d'Andrew Tailor Still From the dry bone to the living man, John Lewis souligne : "notre science est jeune mais les lois qui gouvernent la vie sont aussi vieilles que le monde" et chercher l'harmonie dans la nature, et surtout dans la nature humaine, est un défi dans le monde qui nous entoure où la promesse de toujours plus de technologie vient sans cesse la perturber. Pour pouvoir écouter, apprendre et nous harmoniser avec cette nature, il est nécessaire de retrouver un silence qui fait trop souvent défaut à notre ère.

"A.T. Still était-il facétieux en affirmant que la maladie n'existait pas en dehors d'une incapacité de l'organisme à résister à une infection ? Alors que la science médicale découvre de plus en plus de nouvelles maladies, alors que les virus changent d'année en année, et que les médicaments et les antibiotiques perdent de leur efficacité, il serait peut-être temps de rechercher une voie qui nous mènerait à stimuler le système immunitaire pour effectivement mieux résister aux infections" écrivait Charles Still Jr, son petit-fils, en 1991. Still enseignait que pour trouver la santé, nous devons considérer l'organisme humain dans son entièreté en relation avec son environnement : "votre habileté sera proportionnelle à votre faculté à découvrir ce qui est normal" (chez votre patient) non pas ce qui est pathologique et c'est là la différence essentielle entre l'ostéopathie et la médecine allopathique. Notre ostéopathie se fonde sur le concept forme/structure/fonction en étroite relation avec le développement embryologique du sujet. La notion de système comme le dit si justement B. Freeman est inadéquate dans l'étude du vivant dans son fonctionnement : "où commence le neurologique ? où finit le vasculaire ? où commence le digestif ? où finit l'immunitaire ? tout est en réalité intriqué dans le fait que la seule chose qui existe réellement c'est un ensemble forme-structure-fonction.

C'est pourquoi une ostéopathie qui voudrait ne répondre qu'à un symptôme ou à une plainte en négligeant sa cause et son mode de développement, ou qui voudrait traiter un système neurologique, digestif, vasculaire, viscéral, gynécologique, ostéoarticulaire en dehors de la référence au Tout auquel il est rattaché ne répond pas à la définition de l'ostéopathie telle que l'ont conçue ses fondateurs. 

Le concept d'autoguérison si précieux à ces mêmes fondateurs a eu tendance à disparaitre à mesure que la vulgarisation de l'ostéopathie et de son enseignement a donné naissance à une sorte d'ostéopathie allopathique ou le geste manipulatif s'est substitué à la beauté d'un geste consistant à trouver le point d'ancrage du désordre et à le fixer jusqu'à ce qu'il disparaisse : "Trouvez-le, fixez-le et laisser-le aller" disait A.T. Still. Le geste "efficace" qui efface aussi subitement que temporairement le symptôme s'est substitué à la beauté d'un geste ou l'intention et le respect fondent la recherche de la solution du corps au mécanisme pathologique qu'il a lui-même mis en place. Eckhart disait "tant que tu agis pour... tu n'es pas vraiment droitement" ; l'ostéopathe ferait bien avant de poser ses mains sur son patient de se demander pourquoi il agit avant même de se demander comment. La recherche du neutre chez l'ostéopathe autant comme ancrage que comme expansion est une condition sine qua non de l'émergence de cette autoguérison.